| 04 Octobre 2010
Retrouvez Le Trait d'Union ce mois-ci avec des articles sur Pondichéry, ainsi qu'un témoignage dont nous vous proposons ici un extrait. Vous pouvez lire le sommaire complet de ce mois d'octobre ici.
"Un jour , Kaousalia ne revint plus à l’école. J’étais très triste, je ne comprenais pas pourquoi elle ne venait plus à l’école. Était-elle malade ? Indisposée ? Était-elle partie chez ses cousins à Villianour ? Tant de questions traversaient ma tête. Plusieurs jours s’écoulèrent et mon amie Kaousalia ne revenait toujours pas à l’école. Je m’enquérais auprès de Marie Lesel et Mourali qui habitaient le quartier nord. Elles ne savaient rien, mais la mère de Kaousalia ne voulait pas qu’elles lui parlent. Quinze jours s’écoulèrent et Kaousalia ne revint toujours pas à l’école, mais dans la cour de recréation les filles murmuraient. « Elle va se marier, elle va arrêter ses études ».
Un jour après l’école vers cinq heures à la sortie des classes, j’enfourchais ma bicyclette et je me dirigeais à toute vitesse chez mon amie. La mère de Kaousalia n’était pas contente de me voir ce jour-là. Elle, si avenante d’habitude ne m’accueillit pas, elle ne me disait rien. Kaousalia avait été séquestrée dans sa chambre et comme je connaissais la maison, je m’y dirigeais tout droit. Elle éclata en sanglots en me voyant et toutes les deux nous avons pleuré toutes les larmes de notre corps. « Pourquoi ne viens-tu pas à l’école? - On va me marier à mon oncle. Je le déteste et je veux mourir. J’ai même fait la grève de la faim, mais ma mère me menace de se suicider si je ne lui obéis pas. Mes parents me disent que les études pour une fille ne serviront à rien. Qu’une fille de bonne famille doit se marier à l’homme choisi par ses parents et rester dans la caste et la gotra. Que le respect et l’honneur d’une famille reposent sur les filles ». Kaousalia et moi ne comprenions rien à ce charabia. Que veulent donc ces adultes ? Que devons-nous faire, nous les filles ? Obéir comme des moutons de Panurge ? N’avons-nous pas nos rêves, nos aspirations ? N’avons-nous pas droit à l’instruction comme nos frères ? Nous étions toutes les deux révoltées et en courroux contre les parents de mon amie Kaousalia".
Lourdes Tirouvanziam-Louis, Le Trait d'Union octobre 2010.
"Un jour , Kaousalia ne revint plus à l’école. J’étais très triste, je ne comprenais pas pourquoi elle ne venait plus à l’école. Était-elle malade ? Indisposée ? Était-elle partie chez ses cousins à Villianour ? Tant de questions traversaient ma tête. Plusieurs jours s’écoulèrent et mon amie Kaousalia ne revenait toujours pas à l’école. Je m’enquérais auprès de Marie Lesel et Mourali qui habitaient le quartier nord. Elles ne savaient rien, mais la mère de Kaousalia ne voulait pas qu’elles lui parlent. Quinze jours s’écoulèrent et Kaousalia ne revint toujours pas à l’école, mais dans la cour de recréation les filles murmuraient. « Elle va se marier, elle va arrêter ses études ».
Un jour après l’école vers cinq heures à la sortie des classes, j’enfourchais ma bicyclette et je me dirigeais à toute vitesse chez mon amie. La mère de Kaousalia n’était pas contente de me voir ce jour-là. Elle, si avenante d’habitude ne m’accueillit pas, elle ne me disait rien. Kaousalia avait été séquestrée dans sa chambre et comme je connaissais la maison, je m’y dirigeais tout droit. Elle éclata en sanglots en me voyant et toutes les deux nous avons pleuré toutes les larmes de notre corps. « Pourquoi ne viens-tu pas à l’école? - On va me marier à mon oncle. Je le déteste et je veux mourir. J’ai même fait la grève de la faim, mais ma mère me menace de se suicider si je ne lui obéis pas. Mes parents me disent que les études pour une fille ne serviront à rien. Qu’une fille de bonne famille doit se marier à l’homme choisi par ses parents et rester dans la caste et la gotra. Que le respect et l’honneur d’une famille reposent sur les filles ». Kaousalia et moi ne comprenions rien à ce charabia. Que veulent donc ces adultes ? Que devons-nous faire, nous les filles ? Obéir comme des moutons de Panurge ? N’avons-nous pas nos rêves, nos aspirations ? N’avons-nous pas droit à l’instruction comme nos frères ? Nous étions toutes les deux révoltées et en courroux contre les parents de mon amie Kaousalia".
Lourdes Tirouvanziam-Louis, Le Trait d'Union octobre 2010.












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