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La Manjal Neeratu Vizha est une tradition du sud de l'Inde. Même si elle est de moins en moins pratiquée (surtout dans les grandes villes), elle reste une fête importante dans les milieux populaires et dans les villages. Cette fête célèbre la puberté d'une jeune fille, elle servait autrefois à annoncer que la fille d'un foyer était prête à être mariée. A cette occasion, les pères de maris potentiels venaient voir la jeune fille et s'ils la jugeaient apte à épouser leur fils (et qu'elle était de la même caste), ils faisaient la demande à la famille.

De nos jours, il n'est plus question de mariage mais on fête toujours l'arrivée des règles d'une jeune fille et une grande fête est organisée. C'est l'occasion d'un rituel dont voici le détail...

Il faut savoir qu'ici, une femme qui a ses règles est considérée comme impure et, même actuellement, les femmes doivent parfois s'isoler dans un coin de la maison pendant cette période et elles ne doivent pas cuisiner (risque de souiller la nourriture). Dans une tribu qui vit vers Ooty, dans le sud, les Todas, il y a carrément un lieu à l'extérieur du village où les femmes passent le temps de leurs règles avant de revenir chez elles.

Lorsqu'une jeune fille annonce à ses parents qu'elle a ses premières règles, on l'isole. Pendant trois jours, elle sera seule à côté de la maison familiale entourée d'une feuille de bananier, d'une feuille de neem et d'une assiette et d'un verre qui lui serviront pendant cette période où elle est donc considérée comme sale. On lui apporte à manger et à boire et à la fin de cette période d'isolement, la famille annonce la nouvelle à l'entourage, parents et voisins. Les femmes se regroupent alors autour de la jeune fille pour le bain rituel. Dans un pot en bronze, on mélange l'eau avec du safran et du turméric (ou curcuma), puis on ajoute une pâte obtenue à partir de riz et de neem. Là on verse le tout sur la jeune fille à travers un tamis, comme une douche purificatrice. Après cette douche, elle enlève les vêtements qu'elle porte depuis 3 jours et enfile son premier sari. La tradition veut que les oncles et tantes aient un rôle très important dans cette cérémonie, ce sont en effet les tantes qui mènent la cérémonie et l'oncle (paternel) qui offre le sari.

Une première fête a lieu le troisième ou le septième jour, tout le village est invité. Les oncles et tantes font alors des cadeaux : saris, maquillage, culottes et soutien-gorge... Une pooja est donnée par une quinzaine de personnes, il s'agit de bénir la jeune fille avec un récipient contenant de l'eau avec du turmeric, safran et la pâte de riz et neem (dont la symbolique est toujours la purification). Des prières sont dites, on célèbre alors la déesse, la femme qui a désormais la capacité de donner la vie.

Trois mois plus tard, une grande fête est donnée, avec cette fois des milliers d'invités, il est intéressant de noter que pour une famille modeste, cette fête est une dépense énorme, cependant les parents ne lésinent pas car il est important de montrer qu'on a de l'argent, afin de trouver un bon parti pour sa fille. C'est en effet lors de cette fête que jadis les propositions de mariage se faisaient, il était donc essentiel de dépenser le maximum. les voisins apportent aussi des cadeaux et des fruits : bananes, noix de coco, pommes...symboles d'énergie puisque le sang perdu lors des règles représente la perte d'énergie. On offre aussi saris, bijoux, bindis, miroir...

Dans les villages, cette cérémonie est festive et gaie, elle est beaucoup plus austère en ville et dans les milieux plus riches.

Plus d'images dans la galerie photos.
Un grand merci à Velou Samba pour ses explications et les photos.
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