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Pondichéry française

C'est sur les pas de Vasco de Gama, qui a ouvert les portes de l'Inde à l'Europe au début du XVIème siècle, que les français ont ouvert une première loge commerciale à Pondichéry en 1670 pour concurrencer les Hollandais grâce à la Compagnie des Indes Orientales, compagnie commerciale créée par Colbert en 1664. François Martin, gouverneur de 1675 à 1706 a mis Pondichéry sur la voie de la prospérité, c'est lui le véritable bâtisseur de la Pondichéry française et c'est Dupleix en 1742 qui lui fera connaître son heure de gloire. Malheureusement quelques années plus tard commence une période de troubles avec les anglais, et si Dupleix étend le territoire au sud de la ville, la situation s'envenime entre Français, Indiens et Anglais. La Compagnie des Indes, qui craint pour ses intérêts commerciaux fait rappeler Dupleix en France. La situation ne s'améliore pas pour autant et la guerre qui éclate entre les Français et les Britanniques en 1756 aboutit à la destruction de Pondichéry.

La ville sera tantôt française tantôt anglaise jusqu'en 1816 où elle sera définitivement rendue à la France. Pendant le XIXe siècle, plusieurs gouverneurs se succèdent et de nouveaux secteurs d'activité se développent : travail du cuir, élevage de vers à soie, indigo, canne à sucre, tabac et d'autres encore avec plus ou moins de succès. Sous le Second Empire et Napoléon III, période d'industrialisation, l'activité de Pondichéry est florissante ; le bétel, l'huile de coco connaissent un vrai essor et les échanges commerciaux sont facilités, la ville est toutefois déjà partagée : Ville Noire, insalubre et Ville Blanche, où les fêtes se succèdent. C'est la Troisième République, avec les premières élections en 1880, qui amène la démocratie à Pondy . Au tout début du XXème siècle, une lutte virulente pour l'indépendance a commencé en Inde et la ville sert de refuge au célèbre révolutionnaire Sri Aurobindo qui débarque à Pondy en 1910 et n'en repartira jamais plus. Durant la première Guerre Mondiale, Pondichéry participe financièrement et quand la Seconde Guerre Mondiale éclate, la ville se rallie aux forces libres. On voue un culte au Général de Gaulle, aujourd'hui toujours présent dans la mémoire des Pondichériens. En 1947 l'indépendance de l'Inde est proclamée. A partir de là, la question du territoire est soulevée : les partisans d'un rattachement à l'Inde s'opposent aux partisans du maintien de la souveraineté française, tandis que les deux gouvernements font la sourde oreille. Edouard Goubert, un créole pro-français, arrive à cette période là, la France compte sur lui pour maintenir sa présence en Inde mais en 1954, lorsque le sort des Etablissements de l'Inde est une fois encore remis en question (suite à l'abandon de l'Indochine), Goubert fait volte-face et se range du côté indien. L'Inde et la France passent le 1er novembre un accord pour le transfert de facto du territoire. Le traité de cession entre en vigueur le 16 août 1962 (transfert de jure). Les habitants doivent alors choisir leur nationalité et l'administration devient entièrement indienne avec parfois le modèle français (on délivre aux mariés un livret de famille portant le nom et le symbole de la République Indienne).

Pondichéry aujourd'hui

Pondichéry est la capitale du Territoire de l'Union regroupant les 4 anciens comptoirs : Karikal au Sud dans le Tamil Nadu, Mahé, enclavé dans le Kérala, Yanaon, enclavé dans l'Andhra Pradesh (Chandernagor a été rattachée à l'Inde en 1950). Environ 10.000 français vivent à Pondichéry, la ville dispose d'un consulat de France, d'un Lycée français, d'un Institut français de recherche, d'une Ecole française d'Extrême-Orient et d'une Alliance française très dynamique. La principale ressource de Pondichéry reste, malgré l'urbanisation, l'agriculture. La pêche est aussi une ressource économique majeure. Le tourisme, sur lequel le gouvernement mise beaucoup, augmente chaque année ; en 2006 on compte quelque 650.000 touristes indiens et environ 46.000 touristes étrangers. L'aéroport de Pondichéry ouvrira prochainement ses portes avec des vols intérieurs, d'abord vers Chennai et Bangalore.

L'ashram constitue un pôle d'attraction essentiel et les darshans (visites à l'occasion des anniversaires de Sri Aurobindo et de la Mère ou autres dates importantes) attirent des centaines de milliers de personnes chaque année. Pondichéry est souvent une étape dans les voyages (organisés ou non) dans le Sud de l'Inde, on s'y repose, on profite de l'ambiance calme (par rapport aux grandes villes du pays) et on y fait du shopping. Nombreux aussi sont les indiens qui viennent passer le week end (de Chennai, Bangalore ou même Bombay) pour la même raison. La promenade du bord de mer qui longe la Ville Blanche et s'étend sur 1.5 km est parcourue matin et soir par une foule de touristes et de locaux, la statue de Gandhi s'élève à mi-chemin.
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