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Une histoire de famille (écrit par Agnès Déal le 11/03/09)
Vous pouvez la rencontrer chaque jour, souriante, rue Annanda Rangapillai (face à La Poste) devant son énorme stock de noix de coco.
C'est avec une extrème gentillesse qu'elle accepte de nous rencontrer pour nous parler un peu d'elle.
Elle s'appelle Malar et c'est tout naturellement qu'elle a repris la place qu'occupait sa maman Mouctoulaksmi depuis les années 1950.
 l'âge de 10 ans, entre petits travaux et cours à l'école, elle aidait à la vente des noix de coco et se tient maintenant elle-même à cet endroit depuis les années 1975.
Malar a exercé entre autres le métier de conductrice de rickshaws pendant 3 ans pour finalement devoir le céder à son frère qui n'en avait plus.
Elle a 45 ans, élève seule ses 4 filles depuis 15 ans et est maintenant grand mère d'une petite fille. Elle annonce quoi qu'il en soit qu'elle se trouve très bien sans homme dans sa vie.
Malar vit à la sortie de la ville depuis de très nombreuses années et pour se réapprovisionner en noix de coco, passe ses commandes environ 3 fois par semaine dans le village de Bahour.
Elle explique que le marché devient de plus en plus difficile car les stocks partent pour Madras ou Bombay où le rendement est plus intéressant pour les négociants.
Ses clients sont autant d'origine indienne que touristique et elle échange volontiers avec chacun, voire même quelques mots de français avec aisance.

La saison des noix de coco ne durant que de janvier à juillet, le reste de l'année elle doit toutefois régulièrement mettre ses bijoux en gage pour subvenir aux besoins de sa famille.
Son optimisme et son sourire cachent quelquefois ses craintes car elle explique qu'elle est diabétique et qu'elle a peur pour son avenir et sa santé.
Mais quand nous l'interrogeons sur ses espérances, elle nous fait comprendre que pour elle, les femmes devront continuer d'être courageuses et évoque aussi un projet qui lui tient à coeur : celui de créer une association d'entraide pour les femmes seules de son village avec leurs enfants.
Elle a aussi grand espoir que l'une de ses filles reprenne dans quelque temps cette place.
Si vous la voyez, n'hésitez pas, arrêtez-vous, goûtez ses très beaux fruits, échangez quelques paroles, elle se fera un plaisir de parler avec vous, du temps qui passe et des transformations de Pondichéry...